Le mois d’août se termine mal. Les négociations avec les États-Unis ont échoué, de nouveaux tarifs sont en place et une riposte canadienne est annoncée. Des milliers de travailleurs québécois sont en première ligne, et nous avons une pensée pour eux.
Les médicaments et les technologies médicales ne sont pas à l’écart de cette nouvelle réalité. Beaucoup plus discrètement, les États-Unis ont aussi entrepris d’imposer, en vertu de la Section 232, des tarifs pouvant atteindre 100 % sur certains médicaments brevetés et ingrédients pharmaceutiques.
La crise pose une question qui demeurera d’actualité longtemps : comment créer davantage de richesse à partir du savoir que nous produisons ici? Nous la posons depuis des mois. L’actualité vient de la rendre urgente.
Les investissements en recherche et développement atteignent 2,53 % de notre PIB, ce qui nous place au sommet au pays. Ils proviennent en partie de fonds publics, mais aussi d’investissements privés. Pourtant, chaque heure travaillée ici génère près de 20 % moins de valeur que la moyenne des pays développés de l’OCDE. Nous sommes excellents pour produire du savoir. Nous le sommes beaucoup moins pour en capter la valeur.
C’est ce que désigne l’économie du savoir. Derrière l’expression, une question fondamentale : comment mieux soutenir les entreprises qui créent, développent et fabriquent ici, et comment faire en sorte que l’argent public contribue davantage à la création et à la captation de valeur au Québec?
C’est ici que les sciences de la vie prennent tout leur sens. Dans une économie où la main-d’œuvre se raréfie, nous devons miser davantage sur les industries capables de générer beaucoup de valeur par travailleur, par heure travaillée et par unité produite. Les sciences de la vie répondent précisément à cette logique : leur valeur repose d’abord sur le savoir, la recherche, la propriété intellectuelle et des produits à très forte valeur ajoutée, avec une empreinte énergétique et environnementale relativement faible.
Le Québec dispose déjà d’une base importante sur laquelle bâtir. Plus de 750 entreprises. Près de 40 000 emplois spécialisés. 4,2 milliards de dollars en exportations. Une chaîne complète où l’on invente, développe et fabrique.
Capter davantage de valeur suppose trois choses, et ce sont nos trois priorités électorales. D’abord, donner aux entreprises les conditions pour financer leur croissance, attirer les investissements et commercialiser davantage d’innovations développées ici. Ensuite, permettre aux patients de bénéficier plus rapidement des avancées qui ont démontré leur valeur. Enfin, renforcer nos capacités de fabrication et d’approvisionnement pour les produits essentiels à la santé.
Une campagne électorale s’ouvre. On y parlera du coût de la vie, de la santé, du logement, et ce sont des débats légitimes. Mais une question demeure largement absente, alors qu’elle conditionne tout le reste : comment le Québec compte-t-il créer davantage de valeur avec le savoir qu’il produit?
Nous la portons depuis des mois, bien avant que l’actualité ne la rende aussi pressante. Nous continuerons jusqu’au 5 octobre, auprès de toutes les formations politiques.
L’économie du savoir n’est pas un terme à la mode ni une tendance passagère. C’est un levier économique essentiel à notre prospérité, qui doit être au cœur de toute plateforme électorale.
Benoit Larose, PDG
BIOQuébec est une association sans but lucratif entièrement financée par ses membres. Elle regroupe aujourd’hui plus de 360 entreprises et organisations actives au Québec dans l’industrie des sciences de la vie et des technologies de la santé. Ses membres interviennent à toutes les étapes de la chaîne d’innovation en santé et contribuent directement à l’amélioration de la qualité de vie de la population. Leurs activités couvrent la découverte de médicaments, de vaccins, d’outils diagnostiques et de technologies médicales (équipements et fournitures), ainsi que leur développement, leur fabrication et leur commercialisation. BIOQuébec agit comme la voix de l’industrie, favorise le maillage et le développement économique, et assure un lien stratégique entre le secteur privé et l’ensemble des parties prenantes.
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